Les municipales de 2026 s’annoncent comme un véritable test pour les maires écologistes qui avaient fait leur entrée dans les grandes villes françaises lors de la vague verte de 2020. Strasbourg, Lyon, Bordeaux, Poitiers… les noms de ces villes symboles de l’écologie politique en France sont aujourd’hui menacés de perdre leurs élus verts. Le maire de Lyon, Grégory Doucet, la maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian, et le maire de Poitiers sont donnés perdants dans les sondages, tandis que le maire de Bordeaux, Pierre Hurnic, tente de sauver sa peau. Quels sont les facteurs qui ont mené à cette probable débacle pour les écologistes ?

L’essentiel en bref

  • Les maires écologistes de Lyon, Strasbourg et Poitiers sont donnés perdants dans les sondages pour les municipales de 2026.
  • Le maire de Bordeaux, Pierre Hurnic, est le seul maire vert en mesure de sortir en tête au premier tour, selon les sondages.
  • Les écologistes avaient emporté plusieurs grandes villes françaises en 2020, mais leur bilan est aujourd’hui contesté, notamment en matière de sécurité.
  • Les divisions de la gauche et les alliances avec les insoumis en 2020, qui n’existent plus aujourd’hui, compliquent la vie des édiles sortants.

Les facteurs de la probable débacle

Les raisons de la probable débacle des écologistes sont multiples. Tout d’abord, le contexte électoral de 2020 était « assez extraordinaire », selon une députée écologiste. De nombreuses figures locales avaient choisi de ne pas se représenter, laissant le champ libre aux écologistes. De plus, l’évolution sociologique des habitants de ces villes avait joué en faveur des écologistes, avec une concentration de jeunes et de diplômés, publics très favorables aux votes de gauche et particulièrement à celui des Verts.

Cependant, six ans plus tard, les choses ont changé. Les électeurs de gauche ont désormais l’embarras du choix, avec des candidats de gauche et des insoumis qui se présentent contre les maires sortants. Les candidats écologistes qui s’étaient fait élire sur le projet d’adapter leurs villes au réchauffement climatique ont désormais un bilan, symbolisé par de nombreuses polémiques. Le maire de Lyon, Grégory Doucet, a ainsi accusé le Tour de France d’être « machiste et polluant » en 2020, ce qui a fait grincer des dents chez les commerçants.

Les maires écologistes sortants ont des bilans à défendre. À Lyon par exemple, Grégory Doucet avait promis de rendre « l’air plus respirable ». Le maire revendique ainsi une baisse de « 11% des particules fines » dans sa ville, soutenue notamment par l’action de la Métropole, de la même couleur politique.

Les exemples de bilans contestés

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À Strasbourg, la maire écologiste Jeanne Barseghian a également conforté la place du numéro un de sa ville sur le vélo, avec près de cent chantiers lancés en un mandat. Résultat : la ville compte aujourd’hui le premier réseau de pistes cyclables de l’Hexagone. Cependant, elle a été mise en difficulté concernant un autre projet vert, l’extension du tramway vers le nord de l’agglomération, qui a reçu un avis défavorable de la commission d’enquête publique.

À Poitiers, la fin des subventions des deux aéroclubs de la ville, portée par la maire écologiste, a fait débat. La disparition du saumon des buffets lors de rencontres avec le maire a également fait grincer des dents. Les controverses, parfois picrocholines, se sont enchaînées, et les maires écologistes sortants ont des bilans à défendre.

Les espoirs de salut

Malgré ces difficultés, il y a encore des espoirs de salut pour les écologistes. Le maire de Bordeaux, Pierre Hurnic, est le seul maire vert en mesure de sortir en tête au premier tour, selon les sondages. Son image d’inflexibilité sur la sécurité a marqué les esprits, et son bilan en matière de lutte contre le réchauffement climatique est jugé positif. Il a ainsi planté 10 000 arbres en six ans et doublé le nombre de caméras de vidéosurveillance dans sa ville.

En attendant, le recul probable des écologistes au soir du second tour des municipales de 2026 est un constat qui s’impose. Les raisons de cette débacle sont multiples, et les maires écologistes sortants ont des bilans à défendre. Cependant, il y a encore des espoirs de salut, et les écologistes espèrent que les électeurs leur donneront une nouvelle chance de poursuivre leur travail.

Pour en savoir plus sur les municipales de 2026 et les enjeux de l’écologie politique en France, vous pouvez consulter notre page dédiée aux élections. Vous y trouverez des analyses, des interviews et des données pour mieux comprendre les enjeux de ce scrutin important.