Les élections municipales approchent, et avec elles, la question de savoir si les maires écologistes qui ont remporté des villes importantes en 2020, comme Strasbourg, Lyon, Bordeaux et Poitiers, seront en mesure de conserver leur siège. La vague verte qui a porté ces élus au pouvoir il y a six ans semble avoir perdu de son élan, et les sondages actuels laissent peu d’espoir pour leur réélection. Quels sont les facteurs qui ont contribué à ce déclin, et quels maires écologistes pourraient encore sauver leur peau ?

L’essentiel en bref

  • Les maires écologistes de Strasbourg, Lyon, et Poitiers sont en mauvaise posture pour leur réélection, selon les sondages actuels.
  • Le maire de Bordeaux, Pierre Hurnic, est pour l’instant le seul maire vert en mesure de sortir en tête au premier tour.
  • Les écologistes ont bénéficié en 2020 d’un contexte électoral favorable, avec des figures locales qui ne se représentaient pas, et d’une concentration de jeunes et de diplômés dans les villes.
  • Les maires écologistes sortants ont des bilans à défendre, notamment en matière de sécurité et de lutte contre le réchauffement climatique.

Les facteurs du déclin

Les écologistes ont connu un grand chelem en 2020, remportant plusieurs grandes villes françaises. Cependant, six ans plus tard, l’heure de l’écologie politique semble être passée. Difficile de lui donner tort. Les candidats écologistes qui s’étaient fait élire sur le projet d’adapter leurs villes au réchauffement climatique, prônant notamment « les mobilités douces », ont désormais un bilan, symbolisé par de nombreuses polémiques.

Les polémiques

Le maire de Lyon, Grégory Doucet, a ainsi accusé le Tour de France d’être « machiste et polluant » en 2020, tout en regrettant le coût pour la ville. Pour une journée d’accueil de cette épreuve sportive, son territoire avait dû débourser pas moins de 600 000 euros. S’il impact écologique de cette compétition a été pointé du doigt à de nombreuses reprises, la sortie de l’édile avait fait grincer des dents, notamment chez les commerçants.

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Les maires écologistes sortants ont des bilans à défendre, mais les controverses, parfois picrocholines, se sont enchaînées. La fin des subventions des deux aéroclubs de la ville, portée par la maire écologiste de Poitiers, qui appelait à ce que « l’aérien », particulièrement polluant, « ne fasse plus partie des rêves d’enfants », avait aussi fait débat.

Les bilans

Les maires écologistes sortants ont des bilans à défendre. À Lyon, par exemple, Grégory Doucet avait promis de rendre « l’air plus respirable ». Le maire revendique ainsi une baisse de « 11% des particules fines » dans sa ville, soutenue notamment par l’action de la Métropole, de la même couleur politique. Il est en revanche davantage critiqué sur son bilan côté sécurité.

Les espoirs

À Bordeaux, le maire Pierre Hurnic est pour l’instant le seul maire vert en mesure de sortir en tête au premier tour, selon les différents sondages publiés. Sans être assuré de sa réélection, il a pourtant une image d’inflexibilité sur la sécurité qui a marqué les esprits. Alors qu’il y était opposé lors de la campagne des municipales, le Bordelais avait finalement changé de braquet en septembre 2024, sous pression d’une grève des policiers municipaux.

Pierre Hurnic a également doublé le nombre de caméras de vidéosurveillance dans sa ville pour en compter d’ici la fin de l’année 270. Ces choix se ressentent sur le budget de la ville : depuis 2020, les montants consacrés à la « tranquilité publique » n’ont fait qu’augmenter. Est-ce pour cela que le maire de Bordeaux semble moins en difficulté que ses collègues écologistes à la tête d’autres villes ?

En tout cas, les élections municipales s’annoncent comme un test crucial pour les écologistes, qui devront faire face à un contexte électoral difficile et à des électeurs de gauche qui ont désormais l’embarras du choix. Pour en savoir plus sur les élections municipales et les enjeux qui les entourent, vous pouvez consulter notre page dédiée aux élections municipales.