Le lien entre le réchauffement climatique et les violences faites aux femmes est un sujet de débat qui a récemment pris de l’ampleur. Un chercheur, Kévin Jean, a été attaqué par un député d’extrême-droite pour avoir présenté des travaux scientifiques sur le sujet. Mais que dit vraiment la littérature scientifique sur ce sujet ?
Le lien entre réchauffement climatique et violences
Un large corpus d’études permet de mieux prendre la mesure du phénomène. Selon une étude conduite dans trois pays asiatiques, les violences conjugales augmenteraient de près de 5 % pour chaque degré d’augmentation des températures annuelles. Cette hausse est cohérente avec une revue de la littérature basée sur plus de 40 études, qui documente une augmentation des violences faites aux femmes suite à des événements météorologiques ou climatiques extrêmes.
Les femmes sont rarement gagnantes en période de précarité renforcée, et le changement climatique n’augure rien de bon de ce côté-là. Il est à craindre que la condition des femmes et des jeunes filles soit menacée de dégradation dans les décennies à venir.
Les chiffres
Des études confirment l’augmentation de la violence et des vagues de chaleur. Ainsi, une étude espagnole suggérait dès 2018 que les féminicides rapportés à Madrid pouvaient augmenter de près de 40% durant les périodes de vagues de chaleur. Une méta-analyse basée sur plus de 80 études a documenté une association robuste entre violences et températures.
Certaines formes de violences non-intentionnelles, comme les homicides, sont également connues pour devenir plus fréquentes avec la chaleur. En France comme dans d’autres régions du monde, un lien robuste est observé entre hausse de la température journalière et décès par suicide.
Les mécanismes biologiques et psychologiques
Les liens entre température, violences intentionnelles ou non, violences en général ou violences faites aux femmes en particulier sont documentés de façon robuste. Il semblerait que la température affecte l’équilibre et la régulation de certains neurotransmetteurs, comme la sérotonine ou la dopamine, qui jouent un rôle dans la régulation de l’humeur, dans la fonction cognitive ou encore dans la capacité à réaliser des tâches complexes.
La température peut également affecter les capacités d’adaptation physiologiques et comportementales, ce qui peut se répercuter de différentes façons, comme des consommations excessives d’alcool ou de psychotropes, de l’agressivité, etc.
Les points clés
- Le réchauffement climatique peut augmenter les violences faites aux femmes : les études montrent une augmentation des violences conjugales et des féminicides lors des périodes de vagues de chaleur.
- Les mécanismes biologiques et psychologiques sont complexes : la température peut affecter l’équilibre et la régulation de certains neurotransmetteurs, ce qui peut influencer l’humeur, la fonction cognitive et la capacité à réaliser des tâches complexes.
- Il est important de prendre en compte les facteurs sociaux et économiques : les femmes sont rarement gagnantes en période de précarité renforcée, et le changement climatique n’augure rien de bon de ce côté-là.
- Les études doivent être menées de manière rigoureuse et objective : il est important de ne pas détourner ou dénigrer les résultats des études pour les récupérer à des fins politiques.
- Il est nécessaire de prendre des mesures pour prévenir les violences : il est important de prendre en compte les facteurs de risque et de mettre en place des mesures pour prévenir les violences, notamment en période de vagues de chaleur.
Conclusion
Le lien entre le réchauffement climatique et les violences faites aux femmes est un sujet complexe qui nécessite une approche nuancée et rigoureuse. Les études montrent que le réchauffement climatique peut augmenter les violences faites aux femmes, mais il est important de prendre en compte les facteurs sociaux et économiques pour comprendre les mécanismes biologiques et psychologiques qui sont en jeu.
Il est nécessaire de prendre des mesures pour prévenir les violences, notamment en période de vagues de chaleur, et de prendre en compte les facteurs de risque pour mettre en place des mesures de prévention efficaces.
